Le cancer peut parfois rendre égocentrique et angoissé, forcément. Il entraîne ainsi des changements de comportements qui pèsent  sur l’entourage du malade. Quelles sont les plus grandes sources de difficultés de ces proches malmenés? Comment les prévenir ?

Je suis moi. Et pourtant qui me voit, dissimulée que je suis par les pinces du crabe? Dans cette soirée d’anniversaire, je me rends, heureuse de renouer avec un semblant de vie « normale ». La fête était belle mais sur le chemin du retour, un malaise sournois grignote mon moral. Pourquoi la compassion des autres m’ébranle-t-elle ? Parce qu’elle vient me rappeler à chaque instant le mal qui me ronge. Si moi je fais tout pour l’oublier, le temps d’une soirée, bien sûr que eux ne le peuvent pas. Je suis le cancer incarné.

Beaucoup de malades se sentent lâchés par ceux qu’ils croyaient être leurs amis. Du jour au lendemain parfois, ces êtres chers ne sont plus fidèles au poste. Un choc vécu comme une trahison qui ajoute du chagrin à la souffrance de la maladie. Pourquoi désertent-ils ? Cela peut-il être parfois un mal pour un bien ? Entretien avec Marie-Frédérique Bacqué, Professeur de psychopathologie clinique à l'université de Strasbourg, PhD.