Catherine Cerisey parle à travers un blog intelligent, bien documenté et très humain du cancer du sein.
Parmi les 40.000 à 50.000 femmes ayant un cancer du sein chaque année en France, 7% ont moins de 40 ans. Et environ 10% de ces dernières décident d’avoir un enfant. Jusqu’à présent, peu d’études leur avaient donné la parole. C’est désormais chose faite grâce à l’Afacs, l’Association francophone de l’après cancer du sein.

Cette association a lancé un appel par voie de presse aux femmes qui ont eu une grossesse plus d’un an après leur cancer du sein. 209 femmes ont répondu. Ce taux de réponse n’autorise pas à tirer une quelconque vérité statistique- ce n'était pas l'objectif de l'étude - mais permet de dresser un tableau de la situation de ces ex malades sur le plan médical et psychologique. « Nous souhaitions avoir une photographie de ces femmes et comprendre leur vécu », explique le docteur David Elia, vice-président de l'association.
Le préalable de l’enquête est simple mais mérite d’être rappelé : il existe aujourd'hui un consensus scientifique sur la possibilité d'avoir un enfant après un cancer, sans risque accru de récidive. "Nous savons depuis dix ans que le pronostic de cancer n'est pas affecté par une grossesse, rappelle David Elia. Sauf contre-indication majeure, on n'a donc pas à dire à une femme ayant eu un cancer du sein qu'il est dangereux pour elle de tomber enceinte. » Même si l’étude n’a pas de valeur statistique, le taux de récidive des femmes interrogées s’élève à 20%, soit le même que pour des femmes n'ayant pas eu de grossesse après leur cancer.
L’enquête apporte des enseignements majeurs sur le vécu de ces femmes, anciennes malades, nouvelles mamans. Pour commencer, elle met en lumière leur désir extrêmement puissant de maternité. En moyenne, les femmes interrogées ont donné naissance à un enfant trois ans et demi après la fin de leurs traitements. On sait aujourd’hui que le délai recommandé entre la maladie et la grossesse dépend du type et de la taille de la tumeur initiale ; il peut être court (deux ans) ou dépasser les cinq années ; dans tous les cas, les traitements doivent être terminés. De fait, certaines femmes de l’enquête ont certainement passé outre des recommandations de prudence délivrées par leur médecin, voire, pour 10% d’entre elles, des contre-indications. « On ne peut que noter la détermination de ces anciennes malades à avoir un enfant", rapporte David Elia. Les futures mamans ont mis huit à neuf mois à être enceintes, un délai normal. A trois exceptions près, elles n’ont pas eu recours à l’aide à la procréation médicale.
Pour la majorité, la grossesse est donc désirée. Mais elle est parfois une surprise. 11% de femmes interrogées avaient ainsi arrêté toute contraception car elles pensaient ainsi qu’elles ne pourraient plus être enceintes… « Après la phase aigue des traitements qui occasionne une aménorrhée, les ovaires finissent par se remettre en route, et la vie continue », rappelle David Elia. Nul doute que l’information sur la possibilité de grossesse après un cancer reste encore défaillante… Une contraception non hormonale s’impose aussi pour celles qui ne souhaitent pas avoir d’enfant.
L’enquête donne enfin des éléments sur la qualité de vie de ces femmes : sexualité, communication avec le conjoint, moral, qu’en est-il après un cancer et une ou plusieurs grossesses ? Un point noir concerne la prise de poids (facteur de risque de récidive), subie par près d’une femme sur cinq. Mais sinon, les clignotants sont globalement d’un vert… plutôt tendre : l’anxiété comme la fatigue sont moindres pour la majorité. 70% considèrent leur sexualité comme satisfaisantes. 8 sur dix estiment bien communiquer avec leur conjoint. Bref, le moral est « bon, très bon, plutôt bon » pour…95% d’entre elles !
Bien sûr, l’étude reposant sur le volontariat, il existe des biais ; les femmes connaissant des situations plus difficiles n’ont certainement pas souhaité répondre à l’enquête. Néanmoins, de tels résultats sont encourageants ; ils montrent que la vie après le traumatisme du cancer peut non seulement être possible, mais aussi être belle.
Pour en savoir plus :
Claire Aubé
claire.aube@la-maison-du-cancer.com
A lire aussi: l'interview de Christian Jamin, président de l'Afacs
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Publié dans : Les Chambres > Les parents
Tags : Recidive, Grossesse, Fertilité, Cancer Du Sein
Publié le 22/04/2010 à 3h50 - Dernière modification le 30/04/2010 à 4h35
Commentaires : (2)

Bonjour a toutes ,
J'ai fini mes traitements contre le cancer du sein il y a 8 mois. J'ai 39 ans et pas encore d'enfant.
Nous avons essayer pendant l'année qui a précedé mon cancer sans succes.
Nous sommes pris en charge pas le Cecos de Cochin, je dois pour avoir un enfant beneficier d'un don d'ovocite.
Savez vous que pour beneficier de ce 'traitement' je dois fournir une donneuse... c'est a dire une femme qui fera un don pour moi au Cecos qui lui m'en donnera un en retour..
Pour ce faire il faut que cette femme soit agée de moins de 35 ans et dois avoir deja un enfant. Je n'ai pas le droit de la remunérée. Ou vais je trouvée cette perle???
Je dois trouver cette personne avant janvier 2010.
Jamais ou très rarement on entend parler du don d'ovocite.
Un peu d'information ne ferait pas de mal.
Je suis triste et amer que la france se rende impuissante.
Je ne suis pas un cas isolée et nombre de femmes on besoin d'un don d'ovocite.
Je n'ai personne autour de moi qui soit dans cet age avec un enfant. Je ne sais plus ou me rensigner, ou plutot si je le sais mais je me voile la face.
Ces dons sont courant a l'etranger mais payant.
C'est rageant mais c'est comme ca.
Pour courronner le tout je paie le luxe d'avoir 39 ans , ce qui d'après le docteur qui nous suis est un age critique et très limite...
L'après cancer c'est aussi ne plus pouvoir donner la vie? comme si le cancer qui ne m'a pas tué a quand quand même réussi a tuer quelque chose en moi.
Je ne l'accepte pas!
Bon courrage a toutes.
Clem
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J'ai terminé mon traitement pour lutter contre mon cancer du sein lundi. J'ai 37 ans et je n'ai pas encore eu la chance d'avoir un enfant. Nous nous posons sérieusement la question avec mon conjoint. Cet article m'a un peu rassuré.
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