Le Docteur Yann Rougier, auteur de « Se programmer pour guérir » (Albin Michel), livre quelques conseils pour surmonter la déprime post-cancer et remonter la pente après les traitements lourds : nutrition, activité physique, gestion des émotions. Une routine toute simple à mettre en œuvre au quotidien.



Une fois terminés les traitements lourds, lorsque cette déprime post-cancer a été identifiée et si elle ne nécessite pas la prescription d’anti-dépresseurs, il devient fondamental de relancer la médecine naturelle du corps. Le Docteur Yann Rougier préconise quatre pistes qui visent toutes à refaire grandir l’estime et l’amour de soi, car pour lui « toutes les angoisses ayant émergé en cette période viennent du fait que l’on doute de son corps et de soi-même ». On tâchera donc de faire grandir un espace de paix qui amoindrira la peur. Ces pistes qui rendent chacun « acteur de sa convalescence » visent toutes à trouver un nouvel appui en soi.


 


1ere piste : Physique


Mieux vaut ne pas chercher à reprendre la même vie et le même rythme qu’avant la maladie, mais au contraire savoir alterner des temps d’activité et de repos.


Se coucher à heure fixe (si possible avant 22h30) et se réveiller autour de 7h


Faire une sieste entre 20 et 45mn maximum chaque jour


Pendant 3 mois après les traitements, s’interdire toute activité physique de type jogging, tennis, vélo etc…mais en revanche marcher au moins 20 minutes par jour.


 


2è piste :  Respiration


Chaque jour se donner 3 pauses de 15 minutes pour respirer consciemment, de la façon suivante : une inspiration brève/une expiration longue. « C’est le contraire de la respiration que l’on a lorsqu’on a peur,  précise le Dr Rougier. Ce travail sur le souffle est un véritable désintoxiquant, car cette respiration diminue le flux des pensées négatives ».


 


3è piste :  Nutrition


Il est capital de prendre ses repas à heures fixes ; un repas léger le soir avant 22h30


De favoriser une nutrition basifiante (légumes cuits, fruits de saison, condiments légers)


et de bien mâcher sa nourriture.


 


4è piste :  Emotions


Il est très important de se reconstruire après avoir traversé le chaos émotionnel provoqué par l’annonce de la maladie et les traitements lourds. Seul, avec des cassettes de visualisation qu’on trouve aujourd’hui dans le commerce,  on travaillera sur trois émotions essentielles qui sont « des énergies ennemies»


-La peur  (notamment celle de perdre sa vie)


-la rancune ou le ressentiment


-la culpabilité


Si ces émotions persistent et se manifestent régulièrement, il convient de voir un psychothérapeute pour se faire aider. Mais lorsque ces rendez vous réguliers avec soi-même sont devenus une habitude, le Dr Rougier observe que les patients ayant mis en place une « routine » quotidienne en ressentent les bienfaits de manière durable et le plus souvent définitive.


 


Conseils recueillis par Pascale Senk


 


 


 

Commentaires : (10)

Portrait de cometik

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Portrait de emimax

Bonsoir,
Une petite anecdote qui m’est arrivé il y a 4 ans :
C’est vrai que ce n’est pas facile pendant la maladie, avec les effets secondaires des traitements,
La panique concernant son propre regard dans le miroir, le regard fuyant des personnes qui vous regardent dans la rue. Les paroles de vos proches qui sont involontairement blessantes.
Exemples : tu as bonne mine, on ne dirait pas que tu es atteinte d’un cancer. Excuse moi ce n’est pas un mais deux cancers en espace de 6 mois.
Voyons ce n’est rien de nos jours cela se soigne très bien me disait une soi disante amie, je veux bien, mais c’est moi qui devient chauve, je suis mutilée, j’ai perdu une grande partie de ma féminité, mon corps change, je suis boursouflée, je n’arrive pas à me nourrir, je médite en regardant le fond de ma cuvette des toilettes, je me brosse les dents tout le temps, j’ai un mauvais goût en permanence dans la bouche, j’ai toujours soif, je n’ai plus le goût des aliments, je perds beaucoup de poids, je deviens anorexique, ensuite je reprends du poids sans pouvoir m’alimenter correctement se sont les traitements soit disant.
La fatigue en permanence, les douleurs articulaires et osseuses, les problèmes de concentration, les problèmes de mémoire, la peur.
Ne plus avoir de vie sociale, les amis, les collègues, la famille vous lâchent de peur d’attraper le cancer.
Je refuse d’être un numéro, je suis un être humain, je veux vivre, j’aime la vie, arrêtez de me mettre la pression, éviter mesdames de parler dans les couloirs quand les portes des chambres sont ouvertes, surtout la nuit les couloirs résonnent, je ne suis pas sourde, je vous entends, le fait de discuter entre vous et de dire la pauvre, elle n’en a pas pour longtemps, 3 mois à tout casser.
J’espère qu’elles ne prennent pas de pari sur ma vie. Je vous ai eu je suis toujours là, c’est vrai que l’on modifie son regard sur le monde extérieur, c’est vrai que mon corps change, mais c’est toujours moi.
C’est vrai qu’il faut apprendre à vivre avec, apprendre à se protéger, à écouter son corps, se dire que l’on ne va plus être comme avant, c’est plus facile à dire qu’à faire.

Portrait de ecaille

Bonjour à tous,
Oui, c'est effectivement la bonne méthode a priori...
A priori, car facile à dire/écrire, mais pas facile à faire !

1ère piste : le Physique
3 ans après mon cancer du col de l'utérus, j'ai toujours des soucis intestinaux et urinaires que je gère au mieux... mais je n'arrive pas à apprécier 20 ou 30 mn de marche par jour. C'est une angoisse, c'est comme ça !
J'essaie toutes sortes de sport en salle (fitness en particulier), mais la pratique des "abdos" n'est pas conseillée pour moi, je dois constamment m'adapter. Quitte à faire un sport, je pense que je vais carrément me remettre à la boxe thai !

2ème piste : la respiration
J'ai le souffle coupé dès que je suis angoissée. J'arrive à canaliser mes émotions en me relaxant mais ni qi-gong, ni yoga ou sophrologie ne me réussissent. Sans doute la cohérence cardiaque me semble plus appropriée, mais c'est vraiment difficile pour moi.

3ème piste : nutrition
Retour au travail = retour au "restaurant" d'entreprise. Même qualité que les cantines scolaires... No comment

4ème piste : les émotions
ni peur, ni ressentiment, ni culpabilité pour ma part...
mais un grand retour à la solitude !
Une formidable envie de vivre qu'il a fallu gérer tant bien que mal...

Bref tout ça marche bien quand le retour à la vie normale se fait "normalement"...
Mais la vie, bousculée par le cancer, n'est plus un long fleuve tranquille, et dans bien des cas il y a séparation dans le couple, changement d'entourage amical, changement de cap dans la vie. Associez ça avec un retour au travail dans une réorganisation chaotique... et vous me donnerez votre avis sur ce cocktail explosif !
Alors oui, j'ai fait appel très vite à une psychologue qui m'aide à franchir tous ces obstacles... avec des anti-dépresseurs (eh oui, parfois c'est nécessaire...)
Et enfin, je voulais confirmer d'autres commentaires ici : c'est pire après que pendant...

Portrait de aiglonne

Merci pour ces conseils de bon sens qui aident à avancer.
Il y a l'avant cancer l'après cancer et entre les deux une explosion. Il faut recoller les morceaux et celà ne se fait pas dans le même ordre.
Il y a un décalage énorme entre la personne "extérieure" et celle qui souffre en dedans. Effectivement on fait tout pour donner une bonne impression alors qu'intérieurement on est en ruines.
J'avais repris le travail après quatre mois d'arrêt pour cause de chimio : le corps en vrac, plus de formes, un foulard sur la tête. Effectivement aujourd'hui j'ai des cheveux, des formes mes collègues me disent qu'ils commencent à me retrouver mais malgré tout j'ai encore du mal me regarder dans une glace. C'est moi et en même temps ce n'est pas moi.
Sur le plan physique effectivement le rythme ne peut plus être le même parce que la fatigue nous rappelle à l'ordre. Ah la découverte de la lenteur !
Avant j'étais tellement stressée que je devais porter une goutiere dentaire pour éviter de serrer les machoires. Aujourd'hui je vis sans.
Avant je courais pour aller prendre mon train maintenant je m'y prends plus tôt parce qu'il me faut plus de temps.
Pareil au travail je dois m'organiser différement pour ne pas être submergée sinon c'est la catastrophe.
Je ne peux plus me concentrer, j'ai des blancs, des décrochages dans les conversations, je ne peux plus lire comme avant...
Depuis début janvier je bénéficie du statut de travailleur handicapé qui "légitime" cet état de fait. eh oui le cancer fait partie des pahtologies donnant droit à ce statut ( à voir auprès de la mdph.
quant à l'entretien de la maison je délègue au maximum et tant pis si tout n'est pas fait.
Il n'est pas toujours évident de faire accepter ces changements.
Les proches ne comprennent pas forcément et il faut le leur rappeler
la méditation m'a beaucoup aidé aussi à relativiser les choses à accepter et à respirer correctement.
Intérieurement j'ai l'impression d'etre fragile comme du verre alors que les autres me trouvent très courageuse.
La vie prend son cours : depuis septembre chose que je n'avais pas accepté jusque là nous avons un chat qui nous apporte beaucoup par sa présence ses bêtises et le nouveau traitement s'appelle la ronronthérapie.
bonne soirée à tous

Portrait de ginger

et oui, c'est encore pire après la maladie que pendant.

Je suis à plus d'un an de la fin de la radiothérapie (Kc sein, chimio, chirurgie..) , j'ai repris le travail il y a 5 mois et j'arrive à peine à sourire !
c'est le pas le plus important à mon avis : le premier sourire.

j'ai revu le chirurgien après 1 an; il se souvenait à peine de moi. j'avais tellement envie de pleurer que je n'ai pas posé toutes les questions que j'avais en tête.

une fois le traitement terminé, il n'y a plus de vrai suivi...
le généraliste est dépassé par les effets secondaires et les séquelles qu'il ne connait pas, et les spécialistes ont tourné la page.

quant aux émotions, elles n'ont pas varié d'un pouce : honte, colère, angoisse et je pleure toujours autant ...

Il faut dire que l'hormonothérapie est très difficile à supporter , notamment sur l'humeur et le sommeil.

Comme Helenfree, je suis bien "pomponnée", coquette, tout le monde me trouve en pleine forme , "tu es exactement comme avant, encore plus jolie", mais moi je n'existe plus, je fais semblant.

Portrait de morena

Bonjour ! vos conseils sont si précieux après avoir vécu tou ce dont nous toutes et tous avons vécu, cela fait maintenant 6 mois que j'ai terminé mes traitements contre un cancer du sein hormonodépendant. Pendant la maladie j'ai perdu bcp d'ami et l'après maladie n'est pas mieux car les personnes autour de moi me délaisse "maintenant que mes pb sont "fini"", je n'ai que 32 ans mais j'ai l'impression d'en avoir 50 ans, les effets secondaires de l'hormonothérapie sont si pénible a vivre chaque jour .... et ma reprise du boulot pffffffff il me propose du 3x8, alors oui donné nous des conseils pour ne pas déprimer !!!
Merci et bon courage a vous tous

Portrait de HELENFREE

c'est vrai de penser, que lorsque nous sommes sortis de l'hopital le cancer ne se voit plus .j'ai un lymphome donc aucunes traces visibles extérieurement, je me promène à l'extérieur comme une personne lambda
même, mon mari,oublie ce que je suis reellement, ce que j'ai vécu et me demande maintenant les mêmes choses que je pouvais faire avant,mais ,il y a un Mais, je ne suis plus comme avant et il ne s'aperçoit pas de mon changement.d'ailleurs cela nous apporte beaucoup de conflits, je me sens vivre sans cesse dans l'incompréhension .
je me sens coupable de me faire belle ou de sortir maquillée, peur que l'on me croit en pleine forme alors qu'il n'en ai rien. j'ai mal de l'intérieur et çà ne se voit pas.j'éprouve un grand sentiment d'injustice, et un sentiment d'abandon ,de non reconnaissance de ce que je suis vraiment,de ce que je ressens pleinement

helene

Portrait de tony maraninchi

a ces elements je rajouterai la spiritualite comme voie possible de reconstruction apres un cancer.(pour celles et ceux qui avaient quelques "predispositions" au spirituel bien sur.compte tenu du fait qu'un des effets paradoxaux de la maladie est qu'elle peut,parfois,agir comme un declencheur psycho-spirituel fort.le tout est d'etre capable d'operer cette "transmutation" de la charge negative en force de vie(avec l'aide d'un tiers ou pas (psychothérapeute,psychologues etc)bon vent de vie a tous tony m

Portrait de Lalolilola

Enfin des gestes simples, qui donnent l'impression que l'on peut encore agir sur sa vie, au lieu d'être soumis aux médecins et aux traitements, et de perdre peu à peu le contrôle de soi-même !

Portrait de Muriel S

Bonjour, j'ai bien lu tous vos conseils, je les relirai régulièment pour essayer de les mettre en pratique. C'est vrai que l'après cancer n'est pas facile et qu'on a l'impression d'être une machine qui avance sans savoir où elle va. Autour de nous, on nous demande d'être comme avant puisque on est là , on a l'air bien, on n'a plus le traitement.... mais nous on se sent différent et perdu, encore plus sensible et pas épargné, merci de nous aider.