tribune

Le médecin lui a tenu ce discours : « eh bien madame, avec une tumeur de cette taille là au sein, je m’étonne que vous ne soyez pas déjà morte ! ».  Sidérée, la dame en question n’a pas voulu en savoir plus sur les traitements à venir. Elle est partie en claquant la porte, offusquée par tant de brutalité.

Je vous envoie de tout cœur mes vœux en mon nom et en celui de l’équipe de la Maison. A tous ceux qui luttent, continuez à garder espoir et courage. A tous ceux qui accompagnent,  conservez amour et énergie pour entourer vos proches en souffrance. Le cancer est une traversée difficile, pour nous tous. C’est pour cela que nous espérons que 2012 nous offrira de beaux cadeaux : répit thérapeutique, stabilisation, rémission, et même pour certains guérison.

« Je suis une personne, pas un cancer ». Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, c’est la nouvelle accroche d’une campagne tout juste lancée par l’Institut national du cancer (l’Inca).

Pardon de cette comparaison, mais le cancer, c’est un peu comme la météo. On nous annonce moins 1 degré mais avec « un ressenti » de moins 8. Aujourd’hui, les statistiques affichent 346 500 nouveaux cas par an. Sur une population de 64 millions d’habitants, c’est peu. Alors comment expliquer cette sensation d’être cerné par la maladie?

 

Dans son livre « Cancer : le malade est une personne », Antoine Spire, journaliste et ancien directeur du département « recherche en Sciences Humaines » de l’Institut National du Cancer déplore le manque de soins personnalisés et condamne le manque de formation en psychologie ou philosophie des médecins français. Il nous expose ses arguments. L’oncologue Frédérique Maindrault-Goebel lui répond ensuite.     

En réaction aux critiques exposées par le journaliste Antoine Spire, le Dr Frédérique Maindrault-Goebel, oncologue à l’hôpital Saint-Antoine, répond.  Selon elle, la clinique en cancérologie est la plupart du temps de qualité, la prise en charge personnalisée des patients aussi. Elle reconnaît toutefois que le manque de temps et de formation des médecins  reste un problème à endiguer.

L’Institut National du cancer (INCa) a publié aujourd’hui un rapport sur la survie des patients atteints de cancers en France. Bonne nouvelle : celle-ci s’améliore. Mais le vrai changement, c’est l’emploi du terme « guérison » pour qualifier les anciens malades.

La journée mondiale contre le cancer ce 4 février permet de « parler cancer » au grand public. Pour autant, le malade, lui, osera-t-il évoquer son cancer au sein de son entreprise, dans son village, en faire part à ses voisins, ses connaissances… ? Le cancer reste encore tabou. Mais à y regarder de plus près, ce tabou commence un peu à se fissurer.

Dominique Gros, sénologue à Strasbourg, revient sur la façon dont sont vécues les mammographies, notamment lorsque le diagnostic n'est pas certain. Comment la phrase "Il n'y a rien mais il faut surveiller" est-elle être perçue par les femmes? Dominique Gros revient sur la manière dont un radiologue vit ces "zones grises" de son métier.

Dominique Gros, sénologue à Strasbourg, s'interroge sur la "culture du ruban rose", qui s'illustre ce mois-ci dans les courses et autres manifestations contre le cancer du sein. D'un côté, il salue cet élan de solidarité féminine; de l'autre, il pointe les dérives marketing qui entourent cette cause.