L'association fondée par Laurent Bertin informe les patients sur les problèmes et les solutions à l'entrée de la maladie.
peut-on vivre avec la peur?
- jeu, 2010-02-11 23:16Aujourd’hui j’ai lu un article qui a réveillé un sentiment que je connais bien : la peur. D’habitude les articles scientifiques sont plutôt annonciateurs de bonnes nouvelles : des découvertes, de nouveaux médicaments miracles à l’étude, des essais thérapeutiques prometteurs …. Mais pas cette fois-ci : en effet, des chercheurs canadiens ont découvert que la prise d' un antidépresseur connu , annulerait les effets d'un médicament prescrit en hormonothérapie (prescrit pour éviter une récidive de cancer du sein). Les chiffres sont alarmants. Et bien sûr, j’ai pris les deux …. Longtemps !
Alors aujourd’hui, j’ai envie de parler de la peur bien connue des malades et ignorée la plupart du temps, niée par les biens portants.
Je ne pense pas pouvoir dire qu’avant le cancer, je connaissais ce sentiment. Elle était loin, virtuelle presque irréelle … loin de cette femme surbookée, tiraillée entre son job et ses enfants, cette femme de 37 ans qui ne savait pas qu’elle pouvait mourir. Et puis j’ai du lui faire face, brutalement.
Mais peur de quoi d’abord ?
Peur de l’opération, d’avoir mal, de la mutilation, peur de la chimio, de perdre mes cheveux, mes ongles, de vomir, de la fatigue, peur des rayons, des brûlures, peur de la mort, de laisser mes enfants, de ne pas les voir grandir …. What else ?
Finalement on parle beaucoup de celle des autres, ceux à qui l’on fait peur parce qu’on représente tout ce qu’ils craignent, parce qu’on porte le masque, les stigmates de la mort tapie derrière nous. Mais qui nous demande si on a peur ? « comment vas – tu ? » au mieux, « ça va aller », « tiens le coup », « serre les dents », « garde le moral » au pire …. Mais jamais personne pour s’asseoir et demander tout simplement « est-ce que tu as peur ? », nous écouter en parler pour nous aider à mettre un peu de distance.
Pourtant ce sentiment est violent, il envahit tout, le corps et l’esprit. Il empêche de respirer, on halète, on tremble littéralement. Il faut se faire violence en permanence, vaincre cette frousse viscérale pour aller affronter l’hôpital et se soumettre aux tortures annoncées.
Et puis il y a l’après cancer ….
C’est le moment où j’ai appris un mot de la langue française jusqu’ici inconnu pour moi : rémission – atténuation ou disparition TEMPORAIRE d’une maladie. La lecture du dictionnaire me liquéfie. Comment vivre avec ça, ce temporaire, ce provisoire, cet éphémère ? Comment vivre avec les autres qui ne comprennent pas : « n’y pense plus », « tu es guérie maintenant », « arrête ». Il faut que je gère cette nouvelle trouille qui va jusqu’à me tordre les tripes, parfois, sans prévenir. Aller aux examens tous les trois mois, puis 6 mois, et enfin tous les ans. Vivre avec cette fameuse épée de Damoclès.
Mais j’en fait quoi moi de cette peur ? Elle m’encombre, m’empêche de vivre, de respirer !
Je sais qu’il faut lâcher prise, qu’il faut essayer, je dis bien essayer, de la ramener à quelque chose de supportable, d’acceptable, de gérable … tous les psys me l’ont dit, expliqué maintes fois.
Et puis il y a le temps, qui éloigne des traitements, de l’hôpital, des médecins, des examens. La rémission totale ( !) qui est annoncée au bout de 5 ans.
Aujourd’hui, 9 ans après, j’ai appris à vivre avec cette incertitude que j’ai enfouie, profondément pour me permettre de vivre le quotidien. J’ai appris à vivre sans insouciance, j’ai apprivoisé ma peur. Je fais face, en écrivant sur le cancer, sur ce qui m’effraie le plus, en vous lisant tous les jours, en lisant vos peurs, vos angoisses. C’est ma façon à moi de mettre de la distance … je ne veux pas oublier, je ne veux pas me voiler la face. Je suis définitivement du côté de ceux qui souffrent, de ceux qui savent, et même si ça fait mal parfois, comme aujourd’hui, je ne regrette pas ce choix.
Et vous, comment avez vous gérer cette peur?
Catherine
Bonjour et merci cerOnac,
Tu as raison, la peur a une face cachée : elle te permet d'appréhender plus tôt le prix de la vie... De savoir avant l'heure que l'on est mortel et par là même savoir qu'il faut profiter de la vie aujourd'hui et maintenant...
Mais comme toi, parfois, quand la peur me rattrape, quand elle sort de l'antre dans lequel elle est tapie, je souffre tant que je donnerais cher pour retrouver l'insouciance dont tu parles.
Bien sûr on peut tous mourir demain et qui plus est, on mourra tous un jour.Je voudrais seulement que l'on me prête vie pour amener mes enfants le plus loin possible... c'est mon seul souhait aujourd'hui.
Catherine
Tout à fait d'acc Catherine ! et pourquoi non ? et pourquoi on aurait pas cette chance de voir nos enfants grandir ? Tu sais à l'heure du verdict, quand j'ai appris que j'avais un cancer, j'ai très vite fait le tour... tout c'est recentré très vite ! ma fille de 10 ans à l'époque ! c'est tout... elle a juste besoin de sa maman encore un peu, c'est tout ce qui m'est venu à l'esprit ! alors c'est dire si je te comprends. Oui... je crois que c'est ça : on connait le prix de la vie ! Je voulais poster une petite anecdote, tu viens de m'en donner l'objet ! le sujet...
Mes enfants avaient 4 et 7 ans, aujourd'hui ils ont 16 et 13 ans : j'ai "gagné" 9 ans et j'ai bien l'intention de voir mes petits enfants naître et pourquoi pas grandir?
Tu as raison pourquoi n'aurait-on pas cette chance et même je dirais ce droit là?
Ravie de t'avoir inspiré le sujet d'un billet :-)
Bon week end
Catherine
c'est une impression étrange que degage ce site (c'est ma premiere visite), lire des messages d'inconnus qui éprouvent des choses que l'on ressent au fond de soi.
c'est vrai apres avoir subit chirurgie, chimio, radio, plusieurs fois , j'ai vraiment l'impression que ce qu'il y a de plus difficile c'est la peur, bien plus que la douleur. La peur des annonces ..... ces contrôles ces rendez vous programmes des semaines d'avance et les jours qui passent a toute vitesse.... moi je commence scanner.irm etc... mercredi prochain dans une semaine.... que faire
de cette semaine de trouille , comment peut on resister dans la salle d'attente apres un irm ?
..... mais bon demain c'est l'aniversaire de mon fils 11 ans !
ca c'est une victoire !
Bonjour,
j'ai eu un cancer il y a 11 ans de cela, et je suis guérie; je pense pour ce qui me concerne, que la peur a joué une part primordiale dans le déclenchement de mon cancer ;
En effet, je suis aujourd'hui persuadée qu'Aucune maladie, y compris le cancer, n'est purement physique, l'aspect psychologique réside au coeur de celle-ci.
Je pense que le problème majeur actuellement dans notre société réside dans le fait que l'individualisme, la recherche du profit laissent peu de place à l'humanisme, et que le mal qui est en chacun est un manque d'amour.
Aussi, chaque cas est particulier, mais chacun a en commun ce même besoin d'attention et cette peur que vous décrivez quant au retour de la maladie, c'est un travail sur soi dans la durée où il faut prendre soin de soi, reconsidérer l'image que l'on a de soi (l'estime de soi), et bien sûr, un travail sur notre rapport à " laffect", gagner de la confiance en soi.
En fait, quand on m'a annoncé mon cancer, j'ai été soulagée, je me suis dit "j'ai toujours eu le cancer en moi, aujourd'hui il est visible , enfin, maintenant je vais pouvoir apprendre à l'enlever, c'est-à-dire : je vais apprendre à vivre sans la peur, la peur de vivre, de réaliser mes rêves, de "devenir ce que je suis" et si j'y parviens, alors je suis convaincue que je n'aurai plus jamais le cancer ! c'est ainsi, ma conscience de ma vie .
voilà, j'espère que je vous aurai aidée un peu ... bon courage
Elissa
Bonjour Rémy et Elissa et merci pour vos messages
C'est étrange en effet, Remy, de se sentir aussi proches d'inconnus, parce qu'ils vivent et ressentent les mêmes choses. Cela permet de voir que l'on n'est pas seul, de panser quelques plaies, d'échanger des pistes pour vivre mieux. La lecture de ces témoignages m'a beaucoup aidé lorsque j'étais malade, les échanges avec d'autres m'ont été d'un grand secours. j'espère qu'il en sera de même pour vous, qu'en lisant les commentaires de ce site vous trouverez un peu de reconfort et des pistes pour apprivoiser votre peur. un très joyeux anniversaire à votre fils de 11 ans :-)
Elissa, Peut être sait on au fond de soi que quelque chose ne tourne pas rond. la découverte du cancer peut être parfois un soulagement.... Ce n'a pas été mon cas mais je comprends très bien votre message...Vous avez raison, le cancer oblige de toutes façons à un énorme travail sur soi qui permet à chacun de grandir et de se decouvrir autre... Merci beaucoup de votre témoignage.
Bonjour , à tous, comme Elissa je pense que la peur ( de quoi ?)a été le déclencheur de mon cancer , c'est récent, scanner jour de mon anniversaire le 18 décembre 2009 , et cadeau , condirmation du mal ( cancer du rectum ).D'après les medecins , et notament l'oncologue , ça ne peut pas venir du stress , mais vraissemblablement génétique , comme je suis enfant de l'assistance publique ( c'est comme ça que ça s'appelait à l'époque , j'ai 52 ans ) on ne saura qu'après mon opération ( fin avril à Lyon centre Léon Bérard)si c'était génétique , bref , pour en revenir à ce que je crois , le stress et la peur , devrais je dire les peurs diverses et variées , ont "joué" un grand rôle dans le déclenchement .Maintenant , c'est fait , je ne remonterai pas le temps , mais je ressens toujours ces peurs diverses , de l'opération maintenant , et des récidives à venir , auparavant , c'était les traitements pré-opératoires , rayons et chimio, mais cette phase est terminée depuis 2 jours , et ça s'est pas trop mal passé , malheureusement j'ai vu dans les salles d'attente , des rayons notament , des personnes semblant être bien plus mal en point que moi , mais ça rassure pas pour autant , nous discutions , à force de nous croiser et d'attendre tous les jours , mais au début , chacun(e)se recroquevillait sur son siège et regardait le carrelage , puis ça s'est débloqué , et c'est vrai , comme le disent vos témoignages , que de ne pas se sentir seul, ça permet d'avoir moins " la trouille ".La trouille , je l'avais déjà avant la maladie , pourtant je sais , qu'elle n'était pas forcément justifiée , par exemple dans mon boulot, je travaille sur une plateforme téléphonique dans une mutuelle d'assurances , et je réponds et gère les sinistres auto et habitation , peur de ne pas être à la hauteur des attentes des " asssurés" de ne jamais assez bien faire , et côté , employeur , de la rentabilité necessaire en ce qui concerne le nombre d'appels pris , de vente additionnelle à réaliser , puis les contrôles en permanence , de tout ça j'étais très stréssé, et pourtant , depuis 30 ans que je suis dans ce travail ,ça aurait dû me passer , mes "chefs" m'ont pourtant affirmé qu'ils me faisait confiance et qu'ils ne regardaient pas comment je travaillais , mais ça ne m'a pas rassuré pour autant , idem , maintenant pour ce qui est de la " remission" possible .Comment dépasser ces peurs , et vivre , au jour le jour comme si c'était le dernier , quand on a en permanence la trouille de ce qui va arriver ? merci de vos témoignages et excusez d'avoir été si long .Michel
Bonjour à tous,
En ce qui me concerne, j'ai éradiqué mes peurs en me cultivant. J'évoque bien sûr mon expérience personnelle sans vouloir imposer cette solution à d'autres. Mais uniquement pour vous dire que vivre avec la peur, j'ai connu.
Me cultiver, me plonger dans une passion, a permis de canaliser mes énergies et mon esprit vers un but qui m'a ouvert au monde de l'écrit. Je sais, il n'est pas donné à tous d'aimer apprendre par l'écrit, mais pour ma part, cette passion a éloigné la peur de mon esprit.
Je me suis rendue compte au fil du temps, qu'apprendre apportait des réponses à des interrogations la plupart du temps inconscientes, et qui alimentaient cette ou ces peurs de vivre.
Bonjour et merci pour tous vos témoignages que je perçois si semblables et en même temps tellement différents...
Le cancer peut-être le déclic vers une remise en question, un travail psychologique ou pas... Certaines personnes trouvent leur réponse, leur force, leur bien-être, l'espoir, ce qui lui manque, ce qui lui apporte du positif, dans le sport, l'amour de leur entourage, la foi, la médecine douce... etc.. ou tout à la fois !
C'est pour ça sans doute qu'il n'y a pas de recette miracle Michel, la bonne réponse est en chacun de nous, je pense...
Bonsoir,
Le cancer sévit dans ma famille proche depuis plus de quinze années. Leucémie de mon fils à l'âge de quatre ans (il a aujourd'hui 20 ans et va très bien). Il y a 10 ans, mon frère a eu également une leucémie. Dans notre fratrie de six filles et deux garçons, je me suis retrouvée seule donneur compatible pour une greffe. Je lui ai donné ma moelle, très contente de pouvoir l'aider mais malheureusement, après deux ans de lutte, il n'a pas survécu. J'ai essayé de l'accompagner du mieux que j'ai pu dans ses derniers jours mais ca a été terrible et sans aucune préparation, très traumatisant.
Une de mes soeurs a également eu un carcinome au sein, soigné par chirurgie et radiothérapie et est aujourd'hui guérie.
Et voilà qu'en 2007, j'apprends que j'ai un cancer du sein. Difficile de dire ce que j'ai ressenti à l'annonce de la maladie, encore une fois, le ciel me tombait sur la tête ! J'ai tout de suite pensé à mes enfants, comment allais-je leur annoncer ça ? Après une ablation totale du sein et des ganglions, j'ai appris que j'avais des métastases au foie et aux poumons. Une première chimio n'a pas suffit, j'en suis à la deuxième et une tumeur au cerveau est apparue, elle a été traitée par radiothérapie. Je me bats au jour le jour. Je suis passée par toutes les étapes d'incrédulité, de découragement, de colère et surtout de peur ... Avec cette deuxième chimio j'ai dû arrêter de travailler, revoir mes priorités, apprendre à me ménager.
Depuis, à la faveur d'une étude génétique, j'ai découvert qu'il y avait eu d'autres cancers dans ma famille.
Je me suis souvent posé la question de l'origine de la maladie, dans mon cas, des anomalies sur les gênes BRC1 et 2 n'ont pas été retrouvées.
Le message que je voudrais faire passer ce soir est que j'ai eu l'occasion d'entendre toutes sortes de théories sur l'origine du cancer, les facteurs déclencheurs, les moyens de s'en sortir, les thérapies alternatives, les "compléments alimentaires" vendus sur Internet, les rebouteux en tous genre, les "tu devrais" etc... Les conseilleurs ne pensent pas toujours au mal qu'ils peuvent faire en instillant la culpabilité et le doute dans l'esprit des malades et de leurs proches. Je parle ici bien sûr de ce qui s’apparente pour moi au charlatanisme et de ceux qui profitent de la peur et de l’angoisse des familles.
Forte malgré moi de cette longue expérience de la maladie, je me suis toujours concentrée sur les choses sur lesquelles je pouvais agir au jour le jour, pour ne pas me laisser déborder par un fatalisme qui serait totalement contre productif. Je fais confiance à mon médecin tout en étant très impliquée dans les prises de décisions qui me concernent. Avant tout, je me soigne pour guérir.
Toute la famille a eu la chance d'être bien soutenue par des psychologues quand on en a eu besoin, et même si on a encore des moments difficiles, on tient le coup.
Je n'ai aucune idée de ce dont demain sera fait mais je continue à faire des projets, j'envisage de retravailler en septembre, j'essaye de mener une vie aussi normale que possible.
Je pense souvent à mon frère et à mes proches qui sont partis, mais aussi à ceux qui sont guéris, ils ont tous lutté pour vivre, aucun n'a jamais baissé les bras et ce sera pareil pour moi quoi qu'il advienne. Je suis convaincue qu’au-delà de la peur qui revient régulièrement nous tenailler, nous avons tous en nous cette énergie, mais pas toujours trouvé le chemin qui y mène.
Je souhaite que ce forum permette à un maximum de malades d'échanger sur leurs expériences et surtout leur apporte courage et réconfort ainsi qu’à leurs proches.
La peur ? je ne l'ai pas souvent croisée. Peut-être avant, sans doute avant... la peur de l'autruche. Résultat, un long déni, de ceux qui mettent la vie en danger. Mais dès que j'ai vu K sur la mammo, dès que l'oncologue m'a expliqué l'étendue des dégâts, la peur a fait place au combat. Tout le reste s'est évanoui. Cela ne servait à rien, de toute manière, qu'à paralyser la volonté. Je reconnais qu'à chaque visite j'ai un petit pincement avant l'annonce des résultats. C'est bon, je nous félicite, l'équipe, mon corps et moi. C'est moins bon, eh bien on repart. La peur ne fait pas partie de mon arsenal thérapeutique. Il arrive, hélas, qu'un camarade de combat tombe à ce champ d'honneur... Le chagrin est immense. Mais la peur reste au placard. Pour l'instant...
Belle richesse que ces échanges de point de vue , de ressentis et de questionnements. J'ai appris la semaine dernière que je récidivais seulement 7 mois après ma seconde récidive et deux ans et demi après l'annonce du premier cancer. La peur, je l'ai eu, elle m'accompagne mais plus comme avant. Ma peur fut de ne pas avoir le temps de faire tout ce que j'avais à faire. Mais qu'avais je à faire de si important au juste? Après deux années et demi de traitements permanents je regarde par dessus mon épaule et je réalise que je n'vais jamais vécu avec autant de profondeur les instants, avec autant de générosité, d'authenticité et de lucidité. J'ai repris ma chimio lundi et je me sens plus sereine. Ma plus grande peur c'est de passer de l'autre c^té sans une main dans la mienne pour m'accompagner. Parfois la maladie vient nous sortir de la peur de vivre. Personnellement elle m' a ouvert aux possibles que je ne m'étais pas offerts, aux limites que je m'étais fixés qui faisaient barrages aux rêves et aux envies qui me tenaillaient. Aujourd'hui je découvre qui je suis au plus profond de mon être et je réalise que cela s'appelle l'amour. L'amour de soi, de qui je suis , au delà d'une projection de l'amour que je souhaitais qu'on me porte. Aimer de façon inconditionnelle ces moments qui nous sont offerts de vivre et accepter de les vivre dans l'instant sans se dire que ce sont peut etre les derniers mais en sentant qu'ils nous procurent un bien immense dans notre corps , notre coeur et notre âme. Nous touchons alors l'essentiel. Vivre en accord avec soi, oser vivre pour soi avec amour pour soi et pour les autres sans attachement , simplement avec amour et gratitude .Et il ne s'agit nullement de vivre chez les bisounours mais simplement d'accepter cette réalité que sommes des promeneurs solitaires à qui il est donné la chance de découvrir un chemin parsemé de pierres, de cailloux, de bosses mais bordé d'arbres, de fleurs et habité d'animaux et d'autres petits humains qui font comme nous de leur mieux pour avancer sur ce chemin qui mène vers une destination inconnue.Mon antidote à la peur s'appelle donc amour.
merci pour ces écrits qui me confortent dans ce que je ressens : apprivoiser la peur, vivre avec cette épée de Damoclès qui pour le coup porte très bien son nom, avant c'était un peu théorique aujourd'hui c'est une réalité. L'oncologue a été très claire à la fin des injections d'Herceptin : "on parle de rémission et non de guérison". Au moins on n'a pas de faux espoirs.
Le cancer m'a confirmé que j'aimais la vie. Aujourd'hui c'est une succession d'instants que je savoure même s'ils ne sont pas toujours faciles. Je peux passer de longues minutes sans rien faire juste contempler ce qu'il y a autour de moi, sentir, ressentir. La nature m'apporte énormément et j'adore regarder le soleil se lever.
La peur ne revient qu'à l'approche des rendez-vous médicaux sinon je suis paisible.
Il y a une chanson de Jean Ferrat que j'adore c'est "que c'est beau la vie".
Elle prend tout son sens aujourd'hui.
Mon entourage a du mal à comprendre ce que je suis aujourd'hui mais tant pis.
C'est vrai que personne ne m'a demandé si j'avais peur, et dieu sait si j'avais peur d'autant que j'avais perdu ma mère d'un cancer généralisé. Mes filles m'ont demandé si j'allais mourir "comme mamie" ? je leur ai dit que non ce n'était pas la même chose mais...
Aujourd'hui le cancer fait partie de ma vie mais ne m'empêche pas de vivre.
Depuis la fin de l'herceptin je mets un euro par jour "gagné" dans une boîte pour m'offrir je ne sais pas quoi encore pour le moment
J'adore dire aux gens que je suis contente de vieillir.Ils sont désarçonnés et gênés quand ils apprennent pourquoi.
si on me dit un jour qu'il y a une récidive je ne sais pas comment je réagirais, est-ce que j'aurais encore des forces pour attaquer cette chose une nouvelle fois ? sans doute.
Mais une chose est sûre comme le dit Stéphanie : on découvre l'amour de soi et des autres. On ne vit plus dans le regard des autres mais par soi-même.
Stéphanie je suis de tout coeur avec vous
J'ai peur... Vous parler de l'avant : ma vie heureuse, entourée d'enfants (c'est mon métier), de mes enfants grands maintenant mais pas encore tout à fait adultes, c'est à dire pas encore détachés de mes bras, de l'homme charmant avec lequel nous partageons nos joies de chaque instant... Vous parler de l'avant juste avant : un cancer colo-rectal (le seul héritage de mon Papa qui ne m'a pas plu, tout de lui était bonheur, sa culture, son humanité et la fierté d'être sa fille). Vous dire les mots du chirurgien : vous allez voir, on peut très bien vivre sans colon, ce qui deux mois après est vrai ! A part quelques désordres intestinaux, peu de choses, pas de rayons, pas de chimio, juste une énorme envie de continuer à croquer la vie à pleines dents.
Et puis il y a eu hier, haaaaaaa, hier, hier, horreur, malheur, hier, juste une visite chez le gynécologue qui m'a oté il y a trois semaines un petit nodule bénin (après biopsie avant exérèse) sur le sein droit, juste un petit truc décelé lors du scanner devant permettre au chirurgien de localiser la vilaine tumeur dans mon intestin, un rien du tout de petit nodule, lequel après examen se révèle être un nouveau cancer. Là, nous changeons de discours : nous recommençons le même trajet mon amour et moi, blancs comme des linges, même pas le temps, sauf dans l'ascenseur de nous serrer dans nos bras, juste un calin avant la bagarre : rendez-vous avec l'anesthésiste, réservation de ma chambre, tout est superbement organisé, heureusement, parce que, là d'un seul coup, sous le choc, nous sommes perdus, incapables de faire preuve de la moindre preuve d'intelligence. Le pire de cette journée reste à venir, il faut sortir de la clinique, organiser nos pensées, envisager ce qui peut être envisageable, et les enfants, et la famille, Maman, comment asséner à une vieille dame de 85 ans qui a déjà vécu des heures d'angoisse la nouvelle qu'elle risque de perdre la plus jeune de ses enfants, celle qui depuis trois ans est enfin heureuse, les frère et soeurs, si contents de savoir que finalement tout va bien, et les enfants qui nous attendent pour dîner, les petits, dans leur logement d'étudiants qui se sont fait tant souci et qui ont tellement envie que tout aille bien, que "ma p'tite Môman" ne leur donne plus de soucis, qu'elle continue de préparer de bons repas le dimanche et qu'elle leur fasse visiter son petit jardin de fleurs...
J'ai peur, viscéralement peur, juste peur. et c'est énorme
Bonjour Soizic,
Cette peur-là est, elle aussi, au même titre que les autres citées, tout-à-fait légitime... Ayant vécu le cancer une première fois ne se croit-on pas à l'abri... Ce qui explique un choc encore plus grand, plus inacceptable, plus injuste ?
Ce premier cancer t'a néanmoins permis d'être sans doute mieux surveillée et par là même de déceler rapidement ce nodule...
Le choc de l'annonce effectivement peut rendre muet et incapable d'une moindre réaction quelle qu'elle soit, mais ça n'a rien à voir avec l'intelligence, il te faut juste du temps pour encaisser tout ça.
Je pense bien à toi,
Demain je participe à un 10 KM. C'est un moment important parce que l'an passé j'étais spectatrice avec mon foulard, mes jambes sans muscles, mon teint blafard, l'épuisement lié à la chimio.
Là je vais être sur la ligne de départ. Cette course j'aimerais vous la dédier à vous tous.
Bon le chrono ne sera pas terrible mais je franchirais la ligne d'arrivée.
Même pas peur demain.
Un simple texte que je trouve dans un recueil de mon amie, pour dire qu'on peut vivre treize ans avec la peur et espérer encore l'impossible....
"La Peur.
Ma peur est née de l'inconnu, du non-exploré, du jamais-ressenti. Elle est née il y a si longtemps déjà qu'en fait je ne peux me souvenir ni du quand ni du pourquoi. Ou peut-être que je préfère ne pas m'en souvenir. Au fil des ans, des jours, des heures, au fil de l'avancée dans le couloir de l'ennui, elle s'est fortifiée, elle a pris une ampleur démesurée; elle s'est imposée comme accompagnatrice permanente, lectrice de tous les mots dits, de tous les maux émergeants, guide stylée dans les instants cruciaux, dans l'angoisse et le désespoir, trouble-fête dans les jours ordinaires, tornade dans les nuits sans sommeil. J'ai eu beau l'observer depuis tout ce temps, j'ai eu beau tenter de chercher ses racines pour mieux la comprendre, mieux la cerner, pour mieux essayer de la juguler, j'ai lamentablement échoué jusque là. Je pensais pouvoir l'apprivoiser, devenir si intime avec elle qu'à chacune de ses attaques j'aurais été initiée, préparée, prête; que j'aurais su comment lui faire face, la contourner, la distancer, mais elle m'a toujours prise de vitesse. Elle continue, du reste, à me prendre sans cesse au dépourvu, au détour d'un examen, d'une lampe qui clignote, d'un résultat d'analyses, d'une porte qui s'ouvre, d'une blouse blanche qui interprète un cliché ou qui ordonne un protocole, au détour d'un regard qui fuit ou qui s'attarde, qui questionne ou qui s'apitoie. Elle surgit inopinément au moment où mon attention se détourne pour regarder ailleurs, elle fait le siège de mon âme, elle se couche à mes pieds, s'enroule à mes hanches; elle m'escorte inlassablement jusque dans mon sommeil, jusque dans mes cauchemars et jusque dans mes rêves. Toujours inscrite sur la liste des indispensables, elle fait partie de tous les spectacles, de tous les concerts, de tous les voyages. Elle sourit et se rit des frissons qui parcourent mon corps, ma peau, et de ceux qui écorchent mon âme. Elle grince des dents lorsque je tente de lui porter un coup d'espoir que je veux lui croire fatal, mais elle ne désarme jamais, elle ne plie pas, elle ne recule pas, elle ne rompt pas. Son pas est ferme, assuré et déterminé. Elle sait où elle va, elle sait la profondeur du sillon qu'elle creuse, elle sait le sable sous lequel elle m'ensevelit peu à peu. Elle ignore mon armure, ma hargne à me défendre, à passer outre, à faire semblant de ne pas la voir, de ne pas la sentir.
L'apprivoiser eût été la vaincre mais je n'ai pas pu, je n'ai pas su, je ne saurai jamais. Cet amer breuvage me coule dans la gorge et le cœur au quotidien dans ce couloir, dans ce tunnel, et ne saurait étancher aucune soif. Ma peur, cette déferlante qui est devenue partie de moi-même le jour où l'aube grisaille s'est levée, le jour où l'aube grisaille s'est installée pour toujours dans mon ciel, le jour où le non-espoir a pris la forme, la couleur, l'odeur de ma vie. Elle a bu mon enthousiasme, estompé ma passion, éteint ma lumière. Elle me poursuit dans l'obscurité, et c'est dans la toile qu'elle a patiemment tissée, qu'un jour prochain, je disparaîtrai. "
"LA PEUR" je connais
déja à l'annnonce de la maladie, ce mot CANCER, j'ai eu un creux, un vide en moi, le monde bascule, plus rien n'a la même couleur.
Après une opération, et 6 séances de chimio, le calme que j'avais imaginé, n'est pas totalement revenu, il y a ce que le monde médical nomme : l'EVALUATION.... SCANNER, et ......
L'attente du verdict. J'en suis là et j'ai peur !
ELEA
J'ai 31 ans. Je suis en plein protocole depuis un peu plus d'un an (après récidive, un an et demi après une chirurgie).
La peur me tenait compagnie depuis bien longtemps. J'étais incapable de dire, lire ou écrire le mot CANCER...
J'étais persuadé avoir peur de la mort. Tout simplement.
J'ai réalisé que c'était plus encore une peur de la vie.
Depuis que la peur se dégonfle petit à petit, je prends plus encore de plaisir à vivre.
Je vous conseille ma dernière lecture : L'art de vivre et de mourir de OSHO.
Par la même occasion : Les 4 accords toltèques de Don Miguel RUIZ.
Je vous souhaite à tous une rémission durable et plus encore de voir votre peur dégonfler.
Allez, c'est parti, j'y vais demain, sans savoir exactement ce qui m'attend. Depuis une semaine, j'ai apprivoisé ma peur, ma nature curieuse a repris le dessus... C'est étrange, j'ai maintenant hâte d'être opérée et de savoir ce qui va se passer après, l'ennemi est depuis la nuit des temps l'inconnu. J'ai demandé au chirurgien de passer me voir à mon arrivée dans ma chambre, je serai plus détendue que lorsqu'il m'a reçue dans son cabinet, j'ai eu le temps de préparer mes questions, et j'ai découvert que ce n'est pas ma mort par elle même qui m'angoisse, mais les effets qu'elle aurait sur ceux qui m'aiment, la différence est appréciable. Mon joli rosier grimpant prépare ses boutons et va attendre mon retour pour m'offrir ses bouquets parfumés. Aller dans le jardin tous les matins faire mon petit tour et regarder la vie qui pousse, grouille, s'épanouit, regarder les oiseaux aller et venir autour des nichoirs, me conforte dans l'idée que quoi qu'il m'arrive, celà continuera qu'il en est ainsi depuis toujours et que celà est bien. Je suis paisible, et c'est moi qui remonte de moral de mes troupes aimées en les calinant et leur parlant de mes joies simples : l'amour que je leur porte, le jardin, la poterie, mes livres, les jolis coins de France où j'aime aller, et le mot cancer lorsqu'il arrive dans la conversation n'est plus un mot qui mouille leurs yeux et les miens, mais juste une maladie qui se soigne. A toutes les personnes qui me demandent de mes nouvelles ou auxquelles j'annonce ma maladie, je n'oublie pas de leur dire : rien n'est plus important que le bonheur et rien n'est plus fort... Ce qui ramène aussitôt un sourire sur leurs visage. Réconfortant, n'est-il pas ?
Et maintenant, cultivons notre jardin (Voltaire-Candide)
bonjour,
la peur ce grand mot qui paralyse, détruit le moral, empêche devivre de penser sereinement. en 1981 j'ai eu un melanome nodulaire. a cette époque on traitait par la bcgéterapie (l'interféron n'existait pas)puis le temps a passé et j'ai repris un peu confiance en moi, en refesant des projets que j'avais abandonnés. en 1993 je venais de retrouver du travail et là un autre mélanome arrive et la peur ressurgit sournoise et nocturne. le médecin me rassure en me disant que ce n'était pas une métastase, un peu soulager et sous antidéprésseur je reprends le cours de ma vie avec des hauts et des bas... fin 2009 un troisième mélanome celui là régressif, il commençait à disparaître pour envahir la peau. aujourd'hui je suis en colère moi qui ne suit jamais allée au soleil, on attend car voilà il n'y a rien à faire que d'attendre d'éventuels ganglions ou autres. bref ma vie est un enfer, mon mari se renferme et ne sait pas comment s'y prendre pour me rassurer, je crois qu'il a aussi peur que moi d'autant plus que mon frère est décédé de cette maladie. je m'enferme de plus en plus
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Ce site a été créé sous l'impulsion du Pr David Azria, professeur au Centre de lutte Contre le Cancer de Montpellier, dans le but d’apporter une information adaptée et exhaustive aux patients atteints de cancer et à leur entourage.
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Ce site créé par le professeur Jean-Pierre Lotz, chef du service d'oncologie médicale de l'hôpital Tenon à Paris, fournit des informations médicales et juridiques aux patients.
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Groupe hospitalier exclusivement dédié à la lutte contre le cancer, réunit les 20 Centres de lutte contre le cancer (CLCC). Les CLCC assurent une triple mission de soins, recherche et formation dans le domaine de la cancérologie.







"Vivre avec cette fameuse épée de Damoclès" : tout se résume pour moi à ça !
Mon cheminement m'a conduit là : j'en ai déduis que cette épée de Damoclès nous l'avons tous en héritage le jour de notre naissance... la seule différence c'est que la maladie fait parfois prendre conscience de cette épée de Damoclès, prendre conscience qu'elle est là ! alors qu'avant je l'ignorais superbement, bien au chaud dans mon inconscience et mon insouciance face au lendemain... Maintenant il faut "vivre avec" ! apprendre à vivre avec ! et ce n'est pas rien... d'où cette peur qu'il faut apprivoiser ou/et dépasser.
Cette peur chez moi est salutaire dans la mesure où parler de rémission et non pas de guérison, m'a fait prendre conscience que demain tout peut finir... et si tout peut finir alors pourquoi ne pas profiter pleinement de chaque jour qu'il m'ait donné de vivre comme si c'était le dernier ? Parfois je me demande si je n'étais pas mieux dans mon cocon d'inconscience... mais très vite la réponse est non ! je ne donnerais cette richesse intérieure à personne ! De toutes façons, qui me dit que demain ou dans vingt ans je ne vais pas mourir en traversant la route ? alors...
cerOnac
"On ne voit bien qu'avec le coeur... L'essentiel est invisible pour les yeux"
"seules comptent les minutes qui ressemblent à ce que tu seras"
"On peut construire quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin"